Pour un multilinguisme

Entre le XIXe et le XXe siècle, nombreux étaient ceux pour qui le multiculturalisme n’était pas uniquement néfaste pour les individus, mais également pour les communautés. Pour certains, la diversité linguistique pourrait compromettre et ébranler le dynamisme, menacer la paix et l’unité nationale d’un Etat. Or, dans un contexte de mondialisation où la rencontre entre les hommes est plus qu’inéluctable, où les cultures s’entremêlent, et où les biens et services foisonnent, les interactions ne sont rendues possibles que grâce aux langues.

Sur le plan académique, parler plusieurs langues permet de souscrire à des offres de formation plus variées et ce dans divers pays et Universités. Au niveau culturel, le multilinguisme permet d’aller à la rencontre des peuples, à la découverte de leurs littératures, leurs cinémas, leurs musiques, leurs mets et autres formes d’art, avec à la clé une intégration sociale réussie, au cas où l’on est ailleurs. Sur le plan professionnel, il rend possible la franche collaboration, la coopération entre les employés d’une même structure et transforme l’environnement de travail en un lieu convivial; ce qui a un impact positif sur la productivité et le rendement. L’on n’insistera donc jamais assez sur l’importance pour un individu de parler plusieurs langues. Car celui qui les possède devient compréhensif, flexible, cohérent, tolérant et diplomate.

De manière générale, il faut admettre que la gestion de la vie politique, économique et sociale au sein d’une communauté multilingue se révèle souvent plus complexe, plus laborieuse et plus conflictuelle. C’est le cas du Cameroun qui ne déroge pas à cette règle, car fort de son potentiel économique, et en dépit des soubresauts qui cherchent à le fragiliser, il se retrouve aujourd’hui au cœur de l’activité plurilingue. Hors mis l’anglais et le français qui sont ses langues officielles, l’on y rencontre également des locuteurs du mandarin, de l’allemand, de l’espagnol, de l’arabe, du turc, pour ne citer que ces cas patents.  C’est donc dans un tel environnement que la nécessité d’avoir des traducteurs et des interprètes s’impose comme un impératif catégorique. Ils sont en effet des experts en communication interlinguale, capables de transmettre, sans dissocier le fond de la forme, les messages d’une langue à une autre. Traducteurs et interprètes sont de ce fait des passerelles jetées entre différents peuples pour les interconnecter.

Avec les langues, vous avez le pouvoir. Cessez d’être de simples spectateurs et devenez de véritables acteurs du monde globalisé.

 

Par  Guy Cabrol OKASSIE

Traducteur

 

Chronique

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